Le Chemin de la Liberté - L'Ariège, lieu de passage privilégié

Situé pratiquement au centre de la chaîne Pyrénéenne, ce département, qui est en grande partie frontalier avec l'Espagne mais également avec l'Andorre, fut depuis la nuit des temps, un lieu d'échanges privilégiés avec ces deux pays, à travers de nombreux cols appelés plus fréquemment ici "ports", dont l'altitude varie entre 2000 et 2500 mètres. Limitrophe à l'Ouest avec la Haute-Garonne, se situe le Couserans qui se prolonge à l'Est par le pays de Foix, puis par celui d'Ax-les-Thermes, voisin des Pyrénées orientales et de l'Andorre.

Le Couserans et le Chemin de la Liberté.
La difficulté et la longueur des itinéraires s'accentuèrent au fil des mois, proportionnellement à la surveillance ; les chemins empruntèrent dès lors et en toutes saisons les "ports" tels que celui de Guillou par Aulus, (un bébé juif y passa dans les bras de Jeanne Rogalle, honorée du titre de Juste 60 ans après), celui du Martérat par Ustou, d'Orle ou d'Urets par Sentein, du Bentaillou par la vallée du Biros... et enfin et surtout celui de la Claouère par le Mont-Valier, chemin de référence dont le descriptif fera mieux apprécier au lecteur l'âpreté des difficultés, tant matérielles que physiques, psychologiques ou météorologiques (souvent exécrables au printemps et en hiver) propres à tous ces chemins et qu'endurèrent à des degrés divers tous les candidats à l'évasion ; il va sans dire qu'un certain nombre d'entre eux y laissèrent la vie et qu'indubitablement ces périlleuses traversées engendrèrent beaucoup de drames connus ou inconnus...

Photographie d'époque
Les passeurs couserannais y payèrent eux aussi un lourd tribut d'exécutions et de déportations. La connaissance parfaite du terrain autant que des habitudes de leurs poursuivants leur permirent toutefois de déjouer fréquemment les pièges tendus. Au nombre d'environ une trentaine, ils permirent un dénouement heureux à près de 3 000 personnes : 2 506 hommes et 158 femmes répertoriés sur les cahiers d'écrou de la prison de Sort en Espagne, auxquels l'on peut ajouter ceux qui, par chance, évitèrent l'incarcération espagnole, épilogue temporaire de tous les passages effectués sur le parcours d'une vingtaine de chemins d'évasion différents. Parmi ceux là, un des plus emblématiques et le plus représentatif est bien le Chemin de la Liberté, déjà cité précédemment, reliant à travers les Pyrénées, Saint-Girons à Sort, par le Mont-Valier.

Cette manne historique, riche en témoignages, en traces morales et matérielles a mérité d'être mise en valeur et exploitée pour rester un maillon important de cette période de notre histoire. C'est la mission que s'est donnée l'Association "Le Chemin de la Liberté" au travers de ces deux réalisations :

- La création de la Maison du Chemin de la Liberté.
- L'organisation d'une marche de mémoire sur le parcours du Chemin de la Liberté, le deuxième week-end de juillet.

La Maison du Chemin de la Liberté
Financée à 50% par des fonds européens et inaugurée en 2007, elle se situe à l'entrée Nord de la ville de Saint-Girons, à l'emplacement de l'ancienne gare.

La Maison du Chemin de la Liberté
Elle se compose de 2 parties :

- Un rez-de-chaussée, où, élaborée dans un souci avéré d'objectivité historique et d'honnêteté intellectuelle, se tient une exposition permanente, dont le thème principal s'articule autour des Passeurs et des Évadés de France. Cette exposition est proposée sur différents panneaux : Les lieux d'internement en Espagne, les réseaux, les itinéraires, les hébergements et les passages, l'assignation à résidence des Juifs, les pilotes alliés abattus sur notre territoire, les enfants de troupe, les lieux de mémoire, les martyrs, les héros...
Épisodiquement, des expositions temporaires y traitent de sujets également liés à la période concernée.

- Un premier étage, avec une mezzanine abritant les archives et la bibliothèque. Elle est ouverte au public tous les jours du lundi au vendredi de 14h00 à 16h30.